Nos interventions attirent du monde.

Planification familiale – Informations complémentaires CSPB

Séance d’information sur la planification familiale au Burkina Faso
Une "causerie" animée par un intervenant CSPB.

La contraception elle-même

La contraception la plus courante au Burkina est l’implant contraceptif Jadelle. Dans nos pays le modèle utilisé est le Nexplanon. Ce type de contraception est très bien accepté : efficace, avec très peu d’effets secondaires ni contre-indications courantes, sans toucher à l’intimité et surtout à longue durée d’action (5 ans). De plus, il n’est pas gênant et quasi invisible.
Pose d’un implant contraceptif Jadelle
Pose d’un implant contraceptif Jadelle réalisée au dispensaire — mission CSPB
On sent l’implant à la palpation, ce qui peut poser des problèmes avec certains maris (cf. sensibilisation des hommes). Il s’agit d’introduire en sous-cutané (après anesthésie locale), à la face interne du bras, deux bâtonnets de progestérone qui diffusent le produit pendant 5 ans : en somme, une pilule progestative (désogestrel) à diffusion très lente. L’action est immédiate, totale et réversible dès le retrait. Nos équipes ont une grande expérience (poses très fréquentes) : aucun accident relevé (ni infection, ni saignement, ni migration d’implant), complications qui surviennent surtout avec un personnel inexpérimenté. En général, ce traitement entraîne un arrêt des règles ; plus rarement il peut provoquer des ménorragies (règles abondantes et prolongées), le plus souvent faciles à traiter, très rarement nécessitant le retrait de l’implant (dans notre série de près de 40 000 poses).

Contre-indications

  • Cancer du sein
  • Problèmes hépatiques sévères
  • Hypertension artérielle
  • Antécédents de phlébite ou embolie pulmonaire
Nos équipes interrogent et examinent systématiquement les femmes souhaitant un implant pour dépister ces situations.

Effets secondaires possibles

  • Hypertension artérielle
  • Règles trop abondantes
  • Prise de poids
  • Acné
  • Maux de tête
  • Problèmes hépatiques
Un suivi régulier est assuré (1 fois/an pendant 5 ans).

Sayana-Press (injection SC)

Depuis 2021 nous pratiquons également cette deuxième méthode très utilisée et promue par l’UNFPA. Il est de maniement simple (injection sous-cutanée comme l’insuline) permettant à terme une autonomie des femmes. Contre-indications et effets secondaires similaires à l’implant (rares). Efficacité : 99,7 %.

Inconvénients du Sayana-Press

  • Efficacité complète seulement au bout de 7 jours
  • Durée limitée à 3 mois → nécessité d’une rigueur de rappel (4 fois/an)

Avantages vs implant

  • Non visible
  • Maniement très simple (injections potentiellement auto-réalisées)
En zone rurale, se posent les problèmes de conservation du produit, d’asepsie de l’injection, d’approvisionnement des dispensaires et de l’oubli des dates d’injection. La demande est néanmoins forte. Nous intervenons en complément des équipes sanitaires locales en cas de rupture de stock ou d’indisponibilité de personnel. Vous trouverez ci-après un diagramme (aperçu rapide) de ces activités depuis 2008.

Autres méthodes

La pilule est d'usage simple et discret, mais les oublis sont fréquents et le contexte (habitat, rangement) défavorable en brousse. Nous ne la proposons pas directement (nous l’évoquons en sensibilisation) car trop aléatoire, difficile à contrôler et coûteuse (traitement continu indispensable). Le stérilet a une longue durée d’action, une efficacité quasi-totale et peu d’effets secondaires.
Illustration d’un dispositif intra-utérin (stérilet) présenté lors des séances d’information
Illustration d’un dispositif intra-utérin (stérilet).
Cependant, la réticence est élevée en zones rurales (intrusion ressentie dans l’intimité). Nous informons et formons les infirmiers/sages-femmes à la technique mais ne la proposons pas activement faute de demande. Pour information : l’IVG n’est possible au Burkina Faso que dans des cas précis (viol, inceste, danger vital maternel, malformation fœtale). La ligature des trompes est en progression, mais nous n’avons pas la structure/le personnel pour la pratiquer.

La formation des infirmiers et sages-femmes

Il faut savoir qu'en zone rurale les Infirmiers Chefs de Poste (ICP) compensent les carences en médecins (pour exemple : trois pédiatres pour 500 000 enfants dans notre région d'activité). Les ICP sont responsables d'un dispensaire qui prend en charge plusieurs villages (il faut plus de 5000 habitants pour créer un dispensaire). Celui-ci est complété par une maternité gérée par une sage-femme, ainsi qu'un local à pharmacie. L'ensemble constitue un CSPS (Centre de Santé et de Promotion Sociale). Les ICP et les sages-femmes sont donc les seuls référents santé de la population, ce qui rend leur formation essentielle. Depuis 2015, nous formons régulièrement les infirmiers et sages-femmes des dispensaires où nous intervenons. Après une première vague en 2015–2019, nous avons repris ces sessions en 2025 en raison d'un important turn-over. Chaque session dure 2 semaines par groupes de 15 à 25.
Formation pratique des infirmiers et sages-femmes au Burkina Faso
Un infirmier reçoit une patiente dans un CSPS.

Organisation

  • 3 jours de formation théorique : physiologie de la reproduction, pathologies gynécologiques, contraception, surveillance des implants, causeries, réponses aux problèmes post-contraception.
  • 3 jours de pratique sur mannequin : insertion / retrait d’implant, injection Sayana-Press, pose du stérilet.
  • 6 jours de pratique sur le terrain avec assistance d'un formateur, auprès de femmes demandeuses de contraception.

L’intérêt du personnel soignant est marqué et constant.

La formation des ASBC

Les ASBC, toujours au nombre de deux (un homme et une femme par village), sont en contact étroit avec les populations et sollicitent l’appui de l'infirmier ou de la sage-femme quand nécessaire.
Causerie – formation ASBC
Deux moments de formation et de sensibilisation menés par nos équipes sur le terrain.
Leur formation se déroule sur 3 jours par groupes de 15 à 25, afin que le binôme apprenne :
  • à véhiculer un discours clair et technique sur la contraception ;
  • à répondre à la plupart des questions que se posent les femmes et les hommes dans ce domaine ;
  • à injecter le Sayana-Press ;
  • à aller au devant des femmes dites "perdues de vue" (femmes ayant reçu l'implant mais qui oublient, souvent par excès de travail, de faire le contrôle annuel) et à les adresser à l'ICP pour contrôle (tension artérielle, poids, règles abondantes, etc.) ;
  • à rappeler aux femmes ayant reçu le Sayana-Press qu'il faut réaliser une nouvelle injection après trois mois.

La sensibilisation des femmes

Au démarrage de nos activités en 2008, nos seules actions étaient :
  • la pose d'implants et leur suivi ;
  • la sensibilisation et l'information par causeries.
À ce jour, elles sont donc extrêmement nombreuses à avoir assisté à ces causeries (deux par village) et sont sensibilisées pour la plupart d'entre elles. Les femmes participent à ces rencontres plus pour être informées que convaincues car, avant même nos interventions, elles sont déjà très enclines à la contraception. Elles vivent en effet dans leur corps et au quotidien les conséquences de leurs multiples grossesses. Au départ de nos activités, certaines venaient à pied de très loin pour pouvoir bénéficier de l'implant. Par crainte de ne pas l'obtenir, elles venaient parfois la veille et dormaient sur place pour être parmi les premières, notre stock étant limité à cette époque. On peut témoigner d'une ambiance toujours gaie, avec des conversations souvent teintées d'humour et des moments de fous rires partagés.

La sensibilisation des hommes

Cette activité a été lancée en 2019 après que nous ayons constaté leurs réticences culturelles, entraînant des conflits conjugaux et parfois des retraits d’implants. Suite à notre participation à un congrès des gynécologues de l’Afrique de l’Ouest, nous avons découvert « l’École des maris » au Niger, que nous avons décidé d’adapter au Burkina-Faso. Étape préalable : avant de programmer ces « rencontres-plaidoyer » avec les hommes, nous organisons des réunions avec les autorités religieuses, traditionnelles, sanitaires et administratives pour obtenir leur aval. Nous sommes toujours impressionnés de l’accueil favorable reçu.
Réunion préalable avec les autorités locales avant les rencontres-plaidoyer
Réunion préparatoire avec les autorités locales avant les actions de sensibilisation.
Sélection de 8 hommes par village : ils deviennent alors « ambassadeurs de la planification familiale ». Thèmes abordés :
  • mariages forcés ;
  • informations générales sur la planification familiale ;
  • grossesses non désirées ;
  • maladies sexuellement transmissibles (MST).
La participation dépasse souvent ces 8 ambassadeurs car d’autres hommes viennent écouter. Après 4 rencontres par village, la diffusion est rapide, notamment via les prêches des imams.

La sensibilisation des adolescent(e)s

Une fois l'adhésion des autorités acquise, nous réalisons quatre « rencontres-plaidoyer » avec des groupes d'une vingtaine d'élèves afin que le jeu des questions-réponses puisse avoir lieu.

Les thèmes abordés sont :

  • gestion des menstrues ;
  • contraception ;
  • IST (Infections sexuellement transmissibles) ;
  • grossesses précoces et leurs conséquences.
Pourquoi cibler les adolescents de 6e et 5e ? "Je suis tombée enceinte dans la cour, au village".
  • Les élèves à ce niveau scolaire ont souvent, pour des raisons médicales ou sociales, entre douze et quinze ans.
  • Nous aurions un impact plus faible en 4e ou 3e car le nombre de collégiens diminue fortement à ce niveau-là.
  • Les jeunes filles de ces classes sont des victimes potentielles (parfois par naïveté et ignorance), car souvent livrées à elles-mêmes. L'éloignement fréquent des collèges les contraint à rester sur place plusieurs nuits par semaine avec les risques inhérents à cette situation.
Comme souvent les premières règles surprennent et génèrent angoisse et honte, et la gestion des menstrues à l’école est complexe ; l’absentéisme qui en découle est courant. Nous distribuons des serviettes hygiéniques réutilisables et expliquons aux garçons le respect dû aux filles pendant ces périodes. Des collégiens réceptifs : Les adolescents sont très friands de ces réunions qu'ils abordent souvent avec des plaisanteries qui cachent leur embarras. En réalité le sujet les interpelle intimement, d'autant plus que par tabou culturel ces thèmes ne sont jamais abordés en famille. Ils ont tout à découvrir n'ayant aucune connaissance sur la physiologie, les règles, les risques de grossesses, l'utilisation des préservatifs, les IST, etc.
Sensibilisation des adolescents aux enjeux de la santé reproductive au Burkina Faso
Séance de sensibilisation avec des collégiens sur les grossesses précoces et la santé reproductive.

Organisation des Théâtres Fora

Pendant de nombreuses années nous avons organisé des pièces de théâtre dans plusieurs villages afin de sensibiliser à la Planification Familiale toute la population ou presque. À cet effet, nous avons fait appel à une troupe burkinabé, très populaire, qui aborde sur un mode humoristique de nombreux sujets sociétaux.

Dans ces zones rurales, il n'y a aucune activité culturelle et les villages (jusqu'à 600 spectateurs) ont coutume de se rassembler pour ces représentations.

Le spectacle abordait notamment avec autodérision : la sexualité, la fidélité, la contraception, le respect des femmes…

Malheureusement nous avons dû interrompre ce type de sensibilisation depuis 5 ans :

  • manque de moyens financiers ;
  • risque sécuritaire (regroupements → cibles d’attaques terroristes).
Représentation théâtrale en village au Burkina Faso
Théâtre « Fora » organisé pour sensibiliser les communautés.
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