Planification familiale au Burkina Faso : enjeux et actions du CSPB
PRÉVENIR PLUTÔT QUE GUÉRIR :
La prévention constitue un levier essentiel de santé publique. Au Burkina Faso, la
planification familiale permet aux personnes et aux couples de choisir le nombre
d’enfants qu’ils souhaitent et l’espacement des naissances. Elle contribue à prévenir les
grossesses non désirées et à réduire certains risques sanitaires liés à la grossesse.
Face aux multiples enjeux du pays — pauvreté, santé, malnutrition, illettrisme et accès à l’éducation — la contraception ne doit pas être considérée comme un « luxe de riches », mais comme l’un des outils de santé sexuelle et reproductive pouvant contribuer à améliorer durablement la santé et les conditions de vie des familles.
Pourquoi la planification familiale est-elle un levier de santé publique ?
La planification familiale contribue directement ou indirectement à de nombreux objectifs de santé publique et de développement durable. Elle favorise notamment la santé maternelle et infantile, l’égalité entre les femmes et les hommes, ainsi que les possibilités éducatives et économiques. Ces bénéfices sont notamment rappelés par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).
Les impacts concrets de la planification familiale
- Santé infantile : l’espacement des naissances et la prévention des grossesses non désirées peuvent contribuer à de meilleures conditions de santé et de prise en charge des enfants.
- Santé maternelle : la planification des grossesses permet de réduire certains risques liés aux grossesses non désirées ou trop précoces et d’améliorer le suivi de la santé reproductive.
- Conditions de vie des familles : la possibilité de choisir le nombre et l’espacement des enfants peut faciliter l’organisation familiale et l’allocation des ressources disponibles.
- Accès à l’éducation : l’accès à la planification familiale peut favoriser la poursuite des études, en particulier pour les filles et les jeunes femmes.
- Égalité des genres et autonomie : pouvoir décider librement et de manière éclairée du nombre et de l’espacement des enfants constitue un élément important de l’autonomie des femmes.
- Prévention des grossesses non désirées : l’accès à une contraception adaptée permet de réduire les grossesses non planifiées et les risques sanitaires qui peuvent leur être associés.
- VIH et santé reproductive : chez les femmes vivant avec le VIH, la prévention des grossesses non désirées contribue, avec la prise en charge médicale adaptée, à réduire le risque de transmission du VIH de la mère à l’enfant.
- Développement durable : la planification familiale fait partie des services de santé sexuelle et reproductive associés aux objectifs de développement durable, notamment en matière de santé, d’égalité et d’éducation.
- Dialogue social : les actions de sensibilisation peuvent associer personnels de santé, enseignants, parents, responsables communautaires et autorités locales autour des enjeux de santé reproductive.
L’action du CSPB au Burkina Faso
Pour le CSPB, la planification familiale est une action de terrain menée au Burkina Faso depuis 2008. Les interventions de l’association ont notamment permis, entre 2008 et 2023, de comptabiliser 34 715 bénéficiaires d’implants contraceptifs Jadelle, 2 236 bénéficiaires de Sayana Press en 2022-2023 et 7 599 adolescents sensibilisés dans le cadre de 761 causeries.
Consulter les résultats des actions de planification familiale du CSPB au Burkina Faso
Références institutionnelles : OMS — Planification familiale / méthodes de contraception.
Une action pour l’avenir du pays et du continent
La planification familiale contribue aussi à prévenir l’émigration économique, de plus en plus préoccupante pour les pays d’Afrique de l’Ouest. C’est une solution locale et durable à des problèmes globaux. Enfin, l’idée selon laquelle « une grande famille est une assurance retraite » n’est plus valable.
En effet la croissance démographique rapide entraîne une saturation des terres cultivables : là où, autrefois, six enfants pouvaient espérer chacun un hectare, ils doivent aujourd’hui se partager un ou deux hectares tout au plus, plongeant les familles dans une pauvreté encore plus grande.Le Burkina-Faso comptait en effet 4 millions d'habitants en 1960. Aujourd'hui la population atteint 23 millions et les projections annoncent 45 millions d'ici 2050.
Une croissance fulgurante qui s'accompagne de nombreux défis : Pour donner une idée de cette évolution, ce serait comme si la population française passait de 50 millions en 1960 à 550 millions en 2050
En résumé
La planification familiale n’est pas une option secondaire.Elle est en réalité la clé de voute d'un développement durable et d’une meilleure santé pour les mères et les enfants.