×
Implants contraceptifs – activités CSPB (2008–2023)

Ce graphique présente l’évolution des poses d’implants contraceptifs réalisées avec le soutien de la CSPB.
Planification familiale – Informations complémentaires CSPB
Informations complémentaires — Sommaire
La contraception elle-même
La contraception la plus courante au Burkina est l’implant contraceptif Jadelle. Dans nos pays le modèle utilisé est le Nexplanon. Ce type de contraception est très bien accepté : efficace, avec très peu d’effets secondaires ni contre-indications courantes, sans toucher à l’intimité et surtout à longue durée d’action (5 ans). De plus, il n’est pas gênant et quasi invisible.
Contre-indications
- Cancer du sein
- Problèmes hépatiques sévères
- Hypertension artérielle
- Antécédents de phlébite ou embolie pulmonaire
Effets secondaires possibles
- Hypertension artérielle
- Règles trop abondantes
- Prise de poids
- Acné
- Maux de tête
- Problèmes hépatiques
Sayana-Press (injection SC)
Depuis 2021 nous pratiquons également cette deuxième méthode très utilisée et promue par l’UNFPA. Il est de maniement simple (injection sous-cutanée comme l’insuline) permettant à terme une autonomie des femmes. Contre-indications et effets secondaires similaires à l’implant (rares). Efficacité : 99,7 %.Inconvénients du Sayana-Press
- Efficacité complète seulement au bout de 7 jours
- Durée limitée à 3 mois → nécessité d’une rigueur de rappel (4 fois/an)
Avantages vs implant
- Non visible
- Maniement très simple (injections potentiellement auto-réalisées)
Autres méthodes
La pilule est d'usage simple et discret, mais les oublis sont fréquents et le contexte (habitat, rangement) défavorable en brousse. Nous ne la proposons pas directement (nous l’évoquons en sensibilisation) car trop aléatoire, difficile à contrôler et coûteuse (traitement continu indispensable). Le stérilet a une longue durée d’action, une efficacité quasi-totale et peu d’effets secondaires.
La formation des infirmiers et sages-femmes
Il faut savoir qu'en zone rurale les Infirmiers Chefs de Poste (ICP) compensent les carences en médecins (pour exemple : trois pédiatres pour 500 000 enfants dans notre région d'activité). Les ICP sont responsables d'un dispensaire qui prend en charge plusieurs villages (il faut plus de 5000 habitants pour créer un dispensaire). Celui-ci est complété par une maternité gérée par une sage-femme, ainsi qu'un local à pharmacie. L'ensemble constitue un CSPS (Centre de Santé et de Promotion Sociale). Les ICP et les sages-femmes sont donc les seuls référents santé de la population, ce qui rend leur formation essentielle. Depuis 2015, nous formons régulièrement les infirmiers et sages-femmes des dispensaires où nous intervenons. Après une première vague en 2015–2019, nous avons repris ces sessions en 2025 en raison d'un important turn-over. Chaque session dure 2 semaines par groupes de 15 à 25.
Organisation
- 3 jours de formation théorique : physiologie de la reproduction, pathologies gynécologiques, contraception, surveillance des implants, causeries, réponses aux problèmes post-contraception.
- 3 jours de pratique sur mannequin : insertion / retrait d’implant, injection Sayana-Press, pose du stérilet.
- 6 jours de pratique sur le terrain avec assistance d'un formateur, auprès de femmes demandeuses de contraception.
L’intérêt du personnel soignant est marqué et constant.
La formation des ASBC
Les ASBC, toujours au nombre de deux (un homme et une femme par village), sont en contact étroit avec les populations et sollicitent l’appui de l'infirmier ou de la sage-femme quand nécessaire.
- à véhiculer un discours clair et technique sur la contraception ;
- à répondre à la plupart des questions que se posent les femmes et les hommes dans ce domaine ;
- à injecter le Sayana-Press ;
- à aller au devant des femmes dites "perdues de vue" (femmes ayant reçu l'implant mais qui oublient, souvent par excès de travail, de faire le contrôle annuel) et à les adresser à l'ICP pour contrôle (tension artérielle, poids, règles abondantes, etc.) ;
- à rappeler aux femmes ayant reçu le Sayana-Press qu'il faut réaliser une nouvelle injection après trois mois.
La sensibilisation des femmes
Au démarrage de nos activités en 2008, nos seules actions étaient :- la pose d'implants et leur suivi ;
- la sensibilisation et l'information par causeries.
La sensibilisation des hommes
Cette activité a été lancée en 2019 après que nous ayons constaté leurs réticences culturelles, entraînant des conflits conjugaux et parfois des retraits d’implants. Suite à notre participation à un congrès des gynécologues de l’Afrique de l’Ouest, nous avons découvert « l’École des maris » au Niger, que nous avons décidé d’adapter au Burkina-Faso. Étape préalable : avant de programmer ces « rencontres-plaidoyer » avec les hommes, nous organisons des réunions avec les autorités religieuses, traditionnelles, sanitaires et administratives pour obtenir leur aval. Nous sommes toujours impressionnés de l’accueil favorable reçu.
- mariages forcés ;
- informations générales sur la planification familiale ;
- grossesses non désirées ;
- maladies sexuellement transmissibles (MST).
La sensibilisation des adolescent(e)s
Une fois l'adhésion des autorités acquise, nous réalisons quatre « rencontres-plaidoyer » avec des groupes d'une vingtaine d'élèves afin que le jeu des questions-réponses puisse avoir lieu.Les thèmes abordés sont :
- gestion des menstrues ;
- contraception ;
- IST (Infections sexuellement transmissibles) ;
- grossesses précoces et leurs conséquences.
- Les élèves à ce niveau scolaire ont souvent, pour des raisons médicales ou sociales, entre douze et quinze ans.
- Nous aurions un impact plus faible en 4e ou 3e car le nombre de collégiens diminue fortement à ce niveau-là.
- Les jeunes filles de ces classes sont des victimes potentielles (parfois par naïveté et ignorance), car souvent livrées à elles-mêmes. L'éloignement fréquent des collèges les contraint à rester sur place plusieurs nuits par semaine avec les risques inhérents à cette situation.
Organisation des Théâtres Fora
Pendant de nombreuses années nous avons organisé des pièces de théâtre dans plusieurs villages afin de sensibiliser à la Planification Familiale toute la population ou presque. À cet effet, nous avons fait appel à une troupe burkinabé, très populaire, qui aborde sur un mode humoristique de nombreux sujets sociétaux.
Dans ces zones rurales, il n'y a aucune activité culturelle et les villages (jusqu'à 600 spectateurs) ont coutume de se rassembler pour ces représentations.
Le spectacle abordait notamment avec autodérision : la sexualité, la fidélité, la contraception, le respect des femmes…
Malheureusement nous avons dû interrompre ce type de sensibilisation depuis 5 ans :
- manque de moyens financiers ;
- risque sécuritaire (regroupements → cibles d’attaques terroristes).